Live The Black Keys (with Harold Martinez & The Kills)@Les arènes de Nîmes

Turn Blue… White & Red !

Lendemain de fête nationale, les arènes de Nîmes accueillaient l’affiche la plus rock du festival : Harold Martinez, The Kills, et bien sûr The Black Keys ! Apparemment peu emballés par l’idée de jouer dans ce lieu historique, le duo originaire d’Akron étaient attendus au tournant par leurs fans venus en nombre.

C’est d’abord Harold Martinez, pur produit nîmois, qui s’avance sur la scène accompagné de son batteur. Avec un rock énergique et hypnotique, le duo tente de faire monter l’ambiance auprès d’un public encore un peu trop impliqué dans leur recherche de pintes ou du placement idéal. Dommage car le groupe qui avait déjà participé précédemment au This is not a Love Song Festival, il y a quelques mois à Nîmes, montrait des choses intéressantes malgré la pression due à l’événement. Après une poignée de morceaux, Harold Martinez laisse la place à un autre duo : Alison Mosshart et Jamie Hince, des Kills. Pas vraiment connu du grand public (il faut l’avouer), the Kills a du mal à convaincre car leur performance live laissait de toute manière à désirer. En bons musiciens, on ne peut rien reprocher à leur puissant garage rock, mais leur choix d’accompagnement (deux mecs qui tapaient sur 2 toms basse et une pseudo caisse claire) n’amenait aucune dynamique aux morceaux qui paraissaient fades comparés aux versions studio. Seul Tape Song sortait du lot, et la performance de the Kills tenait plus du jeu de scène que d’un véritable show musical.

Après une légère attente, le public acclame leur tête d’affiche ! Sur fond de tourbillons hypnotiques, Dan Auerbach et Patrick Carney entrent en scène. S’en suivent leurs plus gros titres issus d’El Camino, Turn Blue, Brothers ou encore Attack & Release… Petit à petit, le timide public commence à se laisser prendre aux jeux. Certains spectateurs vont même jusqu’à montrer leur mécontentement face aux morceaux tirés de l’album Turn Blue, sans réellement comprendre qu’une ballade ou un morceau sans distorsion n’est pas nécessairement de la pop fade. Pas vraiment connus pour être des bêtes de scène, les Black Keys assurent toutefois un spectacle huilé, notamment grâce à une partition musicale sans bavure. Au fur et à mesure, la communion se fait et lorsque les techniciens illuminent le public qui se trouve face à lui, Dan s’avère même assez surpris par le nombre de personnes présentes dans l’imposant édifice. 17 morceaux sont donc enchaînés en toute maîtrise et avec un véritable plaisir. Les Black Keys quittent la scène mais reviennent pour finalement conclure leur concert sur Little Black Submarines et I Got Mine.

Encore une fois, les Black Keys ont su prouver tout leur talent musical, aussi parfaits sur scène qu’en studio, avec une playlist variée. Dommage que la relation public/artistes ait été un peu frêle, surtout face à ces deux musiciens dont le panache reste parfois trop personnel…

M.M.